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 Fiction de Ambry et De Tigrou <3

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MessageSujet: Fiction de Ambry et De Tigrou <3   Dim 18 Sep - 17:58

Bon. Moi, je m'occupe des chapitres de Lysa, et Tigrou de June xD On postera la suite quand on l'aura! Bonne lecture <3

Chapitre 1

Je me suis souvent demandé si la vie avait un sens, et je suis sans cesse tombée sur cette réponse : elle n’en a aucun. Mais est-ce vraiment la bonne réponse ? Je me le demande sans cesse. Car, qui sait, peut-être la vie a-t-elle au final une raison d’être ? Je ne le saurai peut-être jamais…
Mon réveil sonne. Ce bruit sourd est toujours aussi désagréable, il me met sans cesse en rogne. Je me lève malgré tout, à moitié endormie, pour prendre mon petit-déjeuner, constitué la plupart du temps d’un chocolat chaud et de céréales. Je l’engloutis lentement, soupirant à l’idée de cette première journée au lycée. En effet, moi, Lysa, quinze ans, rentre cette année en première. J’ai souvent entendu dire que le lycée était complètement différent du collège. J’y ai cru. Mais je ne pensais pas que cela serait différent à ce point…
Je prends mon sac et regarde ma mère. Je lui annonce que je suis prête. Elle sourit, et comme il est sept heures et quart, me dépose à l’arrêt de bus. Je pourrai très bien y aller à pieds, mais comme elle va travailler à cette heure-là et que l’arrêt est sur son chemin, j’en profite. Je suis dans un lycée un peu spécial : les bus partent là-bas à deux horaires : sept heure et quart, mais aussi six heure et quart. Il paraît que ceux qui partent à cette heure-là ont des cours supplémentaires. Selon l’une de mes connaissances qui passe cette année en première, ce serait des « VIP », ou plutôt les petits préférés des professeurs qui leur feraient je-ne-sais-quoi à cet horaire. Quelle malchance ! Il paraît que le choix de ces élèves est fait vers la fin des premiers examens de l’année. En fait, il paraîtrait qu’ils font un examen à la rentrée qui, une fois corrigé, leur permettrait de choisir ces fameux élèves. Une question de notes, je suppose. Je donnerai n’importe quoi pour ne pas avoir à fréquenter cette partie des élèves. Mais selon certains, si tu es sélectionné, tu ne peux pas refuser d’avoir ces cours de six à sept heures. Si je rate le premier examen, peut-être y échapperais-je ? Mais je refuse de ternir mon avenir à cause de cet examen d’entrée ! Je soupire intérieurement, quand soudain le bus arrive.
J’entre silencieusement dans celui-ci, m’installe sur un siège peu confortable, prends mes écouteurs et écoute une chanson que j’affectionne énormément : Castle in the Snow, de The Avener. Il m’arrive parfois de la fredonner quand je l’ai dans la tête. Cette chanson est une pure merveille !
Dans mes écouteurs, la chanteuse chante le refrain, que commence ainsi : « I can hear the birds, I can see them fly, I can see the sky… ». J’aime beaucoup les paroles, même si elles ont une résonnance triste à mes oreilles. La mélodie est très belle à mon goût.
Le trajet dure environ une demi-heure. J’aperçois le lycée au loin. Son allure sinistre, ses murs noirs et sans vie m’effraient quelque peu. Je me demande soudain si ce lycée n’est pas pour les sectes, ou s’il n’a pas été créé par des gothiques. Pourtant, lorsque j’entre par l’entrebâillement de la porte, un univers totalement différent s’ouvre à moi. Des murs colorés, décorés par de magnifiques dessins et sculptures sans doute créées par les élèves de l’option arts plastiques s’offrent à mon regard ébahi. L’ambiance devient tout à coup moins intimidante. Elle est presque rassurante. Mais les murs de béton noir me reviennent à l’esprit et je frissonne. Dans quel genre de lycée suis-je donc ? Autant dehors, le lycée donne l’allure d’être plein de malfrats, d’être un lycée mal fréquenté, autant lorsque l’on entre, c’est tout de suite plus convivial, plus chaleureux. Je me demande tout de même si ce lycée est fait pour moi.
Lorsque la cloche sonne, je l’entends à peine. Au collège, c’était une sonnerie basique, le « dring » habituel, tonitruant, alors que là… C’est totalement une autre mélodie. Une voix féminine me parvient de derrière :
- On ne s’y attends pas, n’est-ce pas ? C’est le club musique qui l’a concocté l’année dernière !
Une fille qui doit être en terminale se dresse devant moi. Ses cheveux courts et teints en rouge renforce mon impression d’être dans un lycée qui ne me convient pas.
- Qui… Qui es-tu ?
- Je m’appelle Laurine, je suis en terminale, et je fais également partie de ceux que vous appelez les « VIP ». Enchantée.
Je la regarde s’en aller sans un mot. Est-ce que tous les VIP sont comme ça ? Je regarde alors la salle dans laquelle je suis censée aller – c’était noté sur un papier où était également notée ma classe. Je ne connais personne de celle-ci. Je cherche donc la salle notée – la salle D213, et je la trouve avec peu de difficulté : en effet, lorsqu’on a trouvé les salles D, il suffit de monter à l’étage. C’est un code de repérage plutôt simple à comprendre. Des personnes que je ne connais pas attendent là. Certaines ont l’air sympathiques, d’autres ont une allure renfrognée qui ne joue pas en leur avantage, mais en tous cas, aucun n’est gothique ou n’a un style intimidant. Une femme à qui je donnerai environ une trentaine d’années sort de la salle devant laquelle je suis rangée. Elle sourit, et je la mets immédiatement, enfin du moins temporairement, dans la catégorie « Professeur sympathique ». On la suit à l’intérieur de la salle. Celle-ci est une salle de classe basique, contrairement à mes attentes. Pas de couleurs flashy ou gothiques. Pas de sculptures grandioses. Juste une salle de classe on-ne-peut-plus-normale. Je soupire de soulagement.
Je m’installe à une table assez loin du tableau. J’ai horreur de me faire remarquer, donc je favorise les places ni trop proches, ni trop loin du professeur. J’espère aussi qu’un de mes camarades de classe viendra s’installer à mes côtés, car être seule à une table n’est pas non plus une très bonne façon de passer inaperçue. Un jeune homme aux yeux bleu clair et aux cheveux jais s’installe à mes côtés, et, contre toute attente, me sourit. Sourire que je lui rends immédiatement.
- Bien ! Nous allons commencer sans plus tarder l’examen de début d’année. C’est un examen obligatoire, dont nous avons besoin pour déterminer si vous avez besoin, oui ou non, des cours supplémentaires. Ou devrais-je dire, si vous êtes aptes à les suivre. Ne vous inquiétez pas, cet examen ne vous évalue pas sur vos connaissances. Il ne fait que vous poser des questions essentielles sur votre vie, annonce le professeur. Veuillez, je vous en prie, répondre le plus honnêtement possible. Sachez que nous pourrons savoir si vous mentez ou non dans vos réponses, ou si vous omettez des détails. Bonne chance.
Je n’en crois pas mes yeux. Un examen sur ma vie ? Mais… Ce n’est pas normal ! Et cette histoire de n’omettre aucun détail… Ils ne pourront pas savoir, si ?
La feuille de questions arrive vite entre mes mains. Je l’observe, et écarquille les yeux de stupeur. Un examen, ça ? C’est juste des questions qu’un prof te pose normalement pour en savoir plus sur toi. Je m’empresse donc de remplir les cases. Au final, cela donnait environ ça : Je m’appelle Lysa Jourdain, j’ai quinze ans, j’habite au 16 Rue du Peuplier à Gémenos, une petite commune aux environs de Marseille, mon père se nomme Simon Jourdain, et travaille comme employé à la SNCF, ma mère s’appelle Cassandre Jourdain et travaille à la police, comme agent à plein temps. J’aime les maths, les énigmes, les défis, la natation, le théâtre, le chant, le dessin et j’aime aider ma mère quand elle a besoin de moi pour, par exemple, surveiller la circulation, et que la police est en manque d’agents. J’étais précédemment dans le Collège des Lumières de Marseille.
L’examen se résume à ça. Je rends ma feuille, et Mme Huyet – le nom de la professeure d’une trentaine d’années – me regarde avec sympathie. Je sourie et lui annonce que j’ai fini. L’espace d’un instant, je crois apercevoir une lueur violette étinceler dans son regard. Mon imagination, sans l’ombre d’un doute.
Quelques minutes plus tard, toute la classe avait rendu. Le visage de Mme Huyet s’illumina, et elle dit d’une voix chantante :
- Vous aurez les réponses des examens ce soir ! Vos emplois du temps vous seront également distribués à ce moment. En attendant, Mr Jourde va vous faire visiter le lycée et vous donner les papiers nécessaires. Bonne journée !
Je suis mon professeur sans un mot. J’ai bien trop peur de ce qu’il peut arriver. Je ne veux pas être une VIP ! Tout, sauf ça ! Je ne veux pas… Je refuse…
Le lycée est exactement comme je me l’imagine depuis que j’ai vu la salle principale. Coloré. Hormis les salles de classes, rien dans ce lycée n’était normal, à proprement parler. Entre les couleurs déprimantes de dehors et les murs d’intérieur peints de toutes les couleurs, ornés de quelques dessins, le lycée donnait un contraste assez inattendu. Inattendu et loufoque. Je consulte ma montre. L’heure est bientôt venue. Dans quelques minutes, je saurai si j’aurai l’horreur d’aller dans ce groupe qui ne donnait pas envie. Le groupe de VIP. J’avais eu un aperçu, tout au long de la journée, de plusieurs membres du groupe. Ils avaient tous des cheveux d’une couleur étonnante, allant du rouge au vert kaki, passant par le mauve et le cyan. C’était presque les seules personnes du lycée avec ces cheveux si originaux. Si le code pour rentrer dans le groupe est de me teindre les cheveux, même pas en rêve !
Plusieurs coups à la porte annoncent alors l’arrivée d’un professeur. Un homme ridé et aux yeux plissés fait alors irruption dans la salle. Il se racle la gorge, et annonce à voix haute :
- Les personnes de cette classe à avoir les cours de sept à huit heures sont… Mathéo Deishan et Kaël Novery.
J’observe les personnes concernées jeter des regards effrayés de partout sans cacher mon soulagement. Je n’aurai pas ces cours qui sont probablement intimidants, étranges !
- Oh, j’ai failli oublier un élève, continua le nouveau venu. Ou plutôt une élève ! Lysa Jourdain aura également cours de sept à huit !
J’écarquille les yeux de surprise et de frayeur. Non, c’est impossible…

Chapitre 2

L’unique question de ma vie n’était pas si elle avait un sens. Pleins de gens s'interrogeaient déjà là-dessus, ça allait, merci bien. Je n’étais pas les ‘‘gens’’. Et ma vraie, seule, unique, magnifique question, c’était : « Est-il possible d’avoir une existence plus pourrie que la mienne ? »
Ce à quoi j’aurais sans doute pu répondre très franchement « Non. »
La sonnerie du réveil me vrilla les tympans, signe que 1, je l’avais réglé trop fort, god damnit ! et 2, je devais m’être endormie immédiatement si mon téléphone (donc, mon réveil) se trouvait si proche de mon oreille.
D’une main pâteuse, armée de toute la non-volonté du monde, j’arrêtai le générique d’anime qui hurlait dans mes tympans et me redressai ensuite lentement, comme pour retarder l’échéance. « L’échéance » étant le miroir de ma chambre, qui se trouvait à proximité de mon lit, appuyé négligemment contre mon armoire et qui prenait visiblement un grand plaisir à me renvoyer mon reflet d’ado-pas-fraîche-du-matin.
La fille qui me faisait face avait une tête de ronchonne. Pas du matin. Des yeux verts encore dans le vague, brouillés. Et des cheveux châtains qui partaient un peu dans tous les sens, réaction due à l’électricité statique.
Moi, donc, en résumé.
La porte de ma chambre s’ouvrit à la volée, dévoilant mon père, qui venait vérifier si j’étais bien levée. Mon regard de zombie dû lui révéler toute la vérité car il me tira sans ménagement du lit, pour aller m’asseoir dans la cuisine, un étage plus bas. Trop dans le brouillard du matin, je me laissai faire, m’installai à la table et but mon chocolat chaud habituel, tandis que mon père me déballait toutes les âneries qu’il avait pu gober. C’était ennuyant, et mon esprit effacerait les infos dans l’heure qui suivait, mais j’entendis tout de même les termes « Année de première », « Très important pour ton avenir, fille ! », « Attention à ne pas louper le bus », « Bisous bisous, boulot ! » et la porte qui claquait, signe qu’il était parti.
Quelle magnifique journée qui commençait, dites-moi...
Une douche plus tard, enfin réveillée, je claquai la porte de chez moi et enfournai mes clés dans mon sac, avec ma mine toujours aussi revêche. Que voulez-vous, on ne change pas les bonnes habitudes.
Je marchai jusqu’à l’arrêt du bus, où j’attendis (im)patiemment. Apparemment, il y en avait deux, dont un qui passait tellement tôt que se lever devait s’apparenter à de la torture pure et simple. Pour les horaires, ne comptez pas sur moi, je ne mémorisai que ce qui était important. Que voulez-vous, on ne change pas les bonnes habitudes.
J’avais tout de même fait un effort pour m’habiller (à peu près) décemment. Même si je n’appréciais pas les cours, mon entrée ne devait pas se faire dans un pyjama bleu à nuages. Non merci, très peu pour moi. J’avais donc mis le nécessaire jean/chaussures de ville, agrémenté d’une chemise à manches courtes et d’une petite cravate bleue dont j’avais à peine fait le nœud, et qui pendait lamentablement sur ma poitrine. L’été était au moins utile à ça : on pouvait au moins porter des vêtements légers sans risquer de se transformer en glace.
Le bus arriva enfin, et toute la cohue d’élèves qui y montait m’empêcha un instant d’y accéder. J’en profitai pour dévisager tous mes futurs camarades ou non. Qui m’avait tous l’air singulièrement banals.
Bien. Quelle merveilleuse année scolaire j’allais passer, dites-moi...
Je parcourus l’allée du bus, me cala dans un coin, tout au fond, et pria pour que personne ne vienne s’asseoir à mes côtés. Mes vœux durent être entendus (ou alors, mon visage avait dû être regardé) car tous les élèves s’installèrent sur d’autres sièges que celui à côté du mien.
Alors que le bus commençait son chemin vers la prison qu’on osait appeler ‘‘lycée’’, je regardai le paysage d’un œil morne. Bon dieu, que la journée allait être passionnante...
...
Ce TRUC était un lycée ?!
On avait refait la façade dans les années 60 ou quoi ?!
Du noir ! Par-tout ! Absolument partout !
Alors que je faisais face au bâtiment, en train de me demander si la fuite n’était pas la meilleure solution dans ce type de situation, le flot continu d’élève m’entraîna malgré moi dans ce... ce truc.
Même si la surprise à l’intérieur fut agréable : il y avait au moins des couleurs dans ce foutu lycée pour mort-vivants. Enfin, BEAUCOUP de couleurs. Des dessins et des sculptures se trouvaient un peu partout, ce qui rendait la décoration agréable.
Une cloche sonna tout à coup. Mais ce n’était pas le ‘‘DRING’’ de tous les établissements, non non. Une sonnerie différente, agréable à entendre.
Ok. Peut-être que j’allais apprécier l’intérieur. À voir. À voir...
Je cherchai ma salle d’un ample mouvement d’yeux. J’avais regardé avant où je me trouvais, ainsi qu’avec qui. Et j’avais noté, avec soulagement, que je ne connaissais personne.
Après avoir crapahuté dans les couloirs pendant quelques minutes, je trouvai enfin ma salle de classe, la D214. Tout le monde attend dans le couloir, à côté d’une autre classe et d’autres élèves, que je n’ai de toute façon pas envie de côtoyer. Certains avaient cependant l’air encore plus belliqueux que moi, si c’était possible.
Une dame d’un certain âge arriva et se positionna devant la porte de la D214. Elle avait des cheveux blonds qui commençaient à grisonner par endroits et des yeux marrons cerclés par de petites lunettes, mais il y avait quelque chose dans son regard qui était indéniablement bienveillant.
Tout le monde rentra dans la salle, totalement basique contrairement aux couloirs, et alla s’asseoir. Je m’installai pour ma part le plus loin possible du bureau du prof, n’ayant vraiment pas hâte de rencontrer tout de suite le tableau. Personne ne s’assit à côté de moi et la prof commença son discours d’une voix calme et assurée, qui ne souffrait d’aucune discussion :
« Bonjour à tous et à toutes. Avant de remplir les formalités liées aux emplois du temps, je vais vous distribuer un test. N’ayez crainte, nota-t-elle en voyant le mouvement de recul de certains. Ceci ne vous évalue pas sur vos compétences actuelles. Ce ne seront que des questions liées à vous et votre... vie privée. Ceci est obligatoire, au cas où certains ne l’aurait pas compris. Ce test nous servira à savoir si vous êtes aptes à suivre ou non les cours supplémentaires du matin. Aucun mensonge ne sera toléré. Bonne chance à vous. »
Cours supplémentaires ? Ah, oui... J’en avais vaguement gardé quelques souvenirs : des cours avant les cours... Enfin, bref, et les élèves qui y allait étaient apparemment très bizarres (et je ne parlerai pas de leurs couleurs de cheveux).
Vie privée ? La première pensée qui me vint à l’esprit fut mes mensurations. Que je ne donnerai pour rien au monde.
Cette école était une école de dingue.
Une feuille atterrit devant mon nez. Je l’attrapai en fronçant les sourcils. Pas question de remplir ce truc, merci bien. S’il voulait des infos, ils iraient consulter mon dossier à l’administration.
Je levai aussitôt la main mais n’attendit pas que la prof me donne la parole pour m’exprimer :
« Madame. J’ai fini. »
Un éclair de surprise traversa ses yeux. Mes ‘‘camarades de classe’’ la regardèrent parcourir la classe en sens inverse, attraper ma feuille et la dévisager comme s’il s’agissait d’un insecte particulièrement repoussant.
« Vous n’avez rien rempli, lança-t-elle d’un ton sec.
- Parce que je ne remplirais rien, contrai-je. Vous avez toutes les infos sur moi dans mon dossier scolaire et médical. Merci bien. »
Elle me regarda d’un air qui n’avait plus l’air si gentil que ça.
« Vous allez remplir cette feuille. »
Il y avait comme un grondement dans sa voix.
« Et pas plus tard que maintenant.
- Non. »
La prof souffla. Une fois. Deux fois. Je la vis se pincer l’arête du nez, sans doute pour essayer de se calmer. J’affichai quant à moi, un sourire narquois, mes yeux la regardant avec insolence.
« ...Votre nom. »
Et hop, première bataille gagnée !
« June Chrome. Ravie de vous rencontrer.
- Le plaisir n’est pas partagé, Mademoiselle Chrome. Je vous demande de tous retourner au travail. »
La prof retourna à son bureau, non sans un regard courroucé à mon égard. Elle n’en avait pas fini avec moi, et je commençai à me douter de ce qui allait suivre.
Mr Jourde était le nom du surveillant, à moins que ce ne fut un professeur, qui nous fit visiter l’établissement. J’avais jeté un vague regard aux alentours, qui se révélaient être comme le hall d’entrée : coloré, avec des couleurs qui allaient finir par nous éclater la rétine, à la longue. Ma professeur, Mme Cannu, m’avait regardé sortir de la salle avec un air furibond, dont j’imprimai dans mon esprit le moindre détail. J’ADORAIS rendre les profs hors d’eux, sauf lorsque leur tête me revenait. Et, avouons-le, c’était peine perdue.
Bientôt, ce fut le moment fatidique. Tout le monde en parlait à voix basse : qui donc allait se taper des cours avant les cours pour son plus grand malheur ?
... Bon, j’avoue que ce n’était pas formulé ainsi mais le principal était là.
Mme Cannu nous accueillit de nouveau, nous demanda de sa voix calme si tout s’était bien passé, « Vous n’avez pas eu de problèmes mes loulous, et votre emploi du temps alors ? »
Tout au fond, je lui lançai des regards ennuyés, qu’elle devait sans doute très bien capter.
Ce groupe d’élèves qui avaient des cours de 6h à 7h était composé de gars excentriques. Enfin, leurs cheveux étaient excentriques. Dans mon ancien établissement, celui qui se serait pointé avec des cheveux kaki se serait fait atomisé à coup sûr par les surveillants, le CPE, la directrice-adjointe et le directeur, parce que ‘‘MON DIEU TU OSES PROFANER LE SAINT RÈGLEMENT ?!!’’
Des coups à la porte me sortirent de ma torpeur. Un homme au visage ridé et aux yeux plissés fit irruption dans la salle. Il semblait heureux, comme si nous étions les derniers de sa tournée dans le lycée.
L’homme nous captura du regard, regarda discrètement un petit papier (qu’il rangea bien vit dans sa poche), se racla la gorge et lança de but en blanc :
« Dans cette classe, une seule élève est sélectionnée. »
Tous les garçons eurent un air soulagé. Les filles se tendirent.
C’est bon, monsieur, annoncez la couleur. Je sais tout de suite qui est pris.
« Mademoiselle June Chrome. Je vous félicite. Bien que votre questionnaire fût vide... Mais nous savons que nous faisons le bon choix. Peut-être n’aviez-vous, en effet, rien à dire...
- Pour sûr que t’as fait le bon choix, mon vieux, grinçai-je entre mes dents. J’ai hâte de te battre à ton propre jeu... »
Jamais mon sourire n’avait été aussi carnassier. Jusqu’à aujourd’hui.


Chapitre 3

Je n’en reviens pas. Je fais partie de ce groupe de personnes à l’air rancunier, arrogant et mauvais ? Bon, très bien, je retire ce que j’ai dit. Laurine n’avait rien de tout ça. Mais, malgré tout, je m’inquiète. J’ai peur d’avoir des problèmes. Je ne suis pas du tout comme ce que je les imagine. Ne vais-je donc pas avoir un problème de hiérarchie ? Ne vais-je pas être prise pour une minable ou quelque chose dans le genre… ?
Le reste de la journée a été passionnante. Et j’aurai d’ailleurs adoré être plus présente et plus écouter, mais, malgré moi, mon esprit était occupé par cette incessante pensée : je fais partie des asociaux, des personnes dont personne ne veut. Et, malgré toute cette inquiétude, je ne peux m’empêcher de me demander, par simple curiosité, en quoi consistent ces cours.
Dans quelques minutes, la sonnerie devrait annoncer la fin de cette première journée. J’écoute sans vraiment entendre le professeur, submergée par mes pensées. Ah ! Voilà ! La sonnerie retentit. Je décide de rester parler un peu avec le professeur – Mme Huyet. Je ne sais pas pourquoi, mais j’éprouve constamment le besoin de donner une bonne image de moi, de faire en sorte que le professeur m’aime bien. Et, heureusement, Mme Huyet, jusqu’ici, ne m’a que donné l’impression d’être une femme adorable, amoureuse de son métier, et, je ne sais pas pourquoi, elle me donne l’impression d’être mystique, mystérieuse, presque… Magique ? Non. Je délire complètement.
La salle est vide. J’approche de Mme Huyet, qui me regarde avec une once de surprise dans les yeux. Elle ferme, je ne sais pas pourquoi, la porte de la salle, me dit :
« Comme ça, nous pourrons parler tranquillement. Attends, j’ai deux-trois choses à régler. Ne te pose pas de question, termina-t-elle avec un sourire malicieux. »
Je la regarde parcourir la salle en marmonnant dans une langue que je ne comprends pas. Peut-être n’ai-je pas assez bien entendu, non plus. Son comportement est assez étrange, je me pose de plus en plus de questions, contrairement à sa recommandation.
Mme Huyet termine son tour de la salle, agite pour une raison qui m’échappe ses doigts en direction de la porte, ferme les yeux et arrête de parler. Une dizaine de secondes s’en suit, elle se retourne, rouvre les yeux et sourit à nouveau.
« Quelle était l’utilité de faire le tour de la salle en agitant les doigts et en marmonnant dans une langue incompréhensible, sans vouloir vous manquer de respect ?
- Tu le sauras bien assez tôt, dit-elle d’un ton joyeux. Bon, je suppose que tu voulais me poser une question à propos des cours supplémentaires ?
- En effet, mais… Je… Peut-être que je n’aurais pas dû ?
- Oh, si, ne t’inquiète pas. Assieds-toi, je vais répondre à tes questions. »
Je m’assieds, comme Mme Huyet me l’avait intimé. Elle m’imite et m’encourage d’un mouvement de la tête.
« Je… Je me demandais en quoi consistait les cours supplémentaires. »
Mme Huyet prit son temps avant de répondre, et de pousser un soupir :
« J’appréhendais cette question. C’est sans doute la plus difficile, pourtant. Bon. Es-tu prête à connaître la vérité ? Peut-être préfèrerais-tu attendre demain pour le découvrir… Je pense que cela serait mieux pour toi…
- Je veux savoir. Je ne supporte pas l’ignorance. »
Je remarque alors que j’ai parlé d’un ton sec. Je me reprends en murmurant un « Désolé » poli.
« Ce n’est pas grave, beaucoup de nouveaux sont comme ça, répondit gentiment Mme Huyet. Je ne voudrais pas t’effrayer, mais… Les cours supplémentaires, ces fameux cours de sept à huit heures, n’ont rien de méchant. Les « VIP », comme tu les appelle, sont juste des individus à capacité psychique hors norme, comme toi et moi…
- Arrêtez de tourner autour du pot, s’il vous plaît…
- Très bien, si tu y tiens. Les cours de sept à huit heures sont en vérité… Des cours de magie. »
Je reste sans voix. Lorsqu’enfin je peux prononcer un mot, c’est pour demander :
« Comment voulez-vous que je croie à votre histoire ? Avez-vous une preuve ?
- Une preuve, pas vrai ? Je me doutais que tu me demanderais ça.
- Vous n’en avez pas, je suppose ?
- Oh, non, ne t’inquiète pas, je comptais t’en donner une. »
Sur ces mots, elle se lève, fronce les sourcils et sort une feuille blanche de son sac à main. Elle pointe le doigt vers celle-ci, ferme les yeux, et trace quelques lettres dans l’air avec sa main. Elle baisse la main en question, et dit de longues phrases rapidement, qui s’écrivent en même temps qu’elle ne les prononce sur la feuille. Ceci, bien sûr, sans utiliser de stylo ni rien du style. Les mots se matérialisent sur la feuille, écrits avec une grande finesse, et à une vitesse remarquable. On jurerait que quelqu’un avait écrit en prenant son temps chaque mot, un à un.
« Comment faîtes-vous ça ?
- De la magie, très chère. Tu vas apprendre à t’en servir, toi aussi. »
Bouleversée, je ne réponds pas. Les yeux dans le vague, j’essaye de digérer les informations que Mme Huyet m’a transmis.
« Veux-tu plus de détails ?
- Je… Je veux bien, dis-je, déterminée à en savoir plus.
- Très bien. Chaque personne de ce groupe a une capacité psychique incroyable, au point de pouvoir utiliser la magie. Dans ce lycée, nous n’avons que des élèves peu expérimentés. La magie se divise en deux parties : la première, la maîtrise des sorts tels que celui que je viens de te montrer, la deuxième, ta capacité personnelle, spéciale. Par exemple, ta capacité pourrait être la télépathie, la téléportation, l’invisibilité, ou peut-être même une affinité spéciale avec les éléments !
- Quels types de sorts vais-je devoir apprendre, en tant que seconde ?
- Le premier, tu vas rire, mais… C’est la teinture des objets, et même des cheveux ! »
Je comprends soudain d’où venait mon mépris envers ces personnes. C’était à cause de leurs cheveux. A cause d’un fichu sort de débutant ! J’éclate soudain de rire, consciente de l’absurdité de la chose. Je ne croyais même pas à la magie il y a quelques heures, et voilà que je ris d’une absurdité causée par celle-ci ! C’est minable, mais tellement hilarant…
« Et… à part les teintures ? osai-je demander.
- Et bien, les formules de protection sont aussi mises en valeur, car pour parler à autrui de magie, il faut s’assurer que même si quelqu’un écouterait aux portes, il ne puisse pas entendre la conversation. C’est toujours un peu complexe comme formule, mais il faut l’apprendre tôt car c’est essentiel. Ensuite, il y a aussi la formule pour retranscrire les pensées sur la feuille. Il faut faire attention à ce qu’on pense dans ces moments-là. Sinon, on peut se retrouver avec n’importe quoi sur la copie. Mais, tu verras bien. Les cours de magie sont beaucoup plus divertissants que les autres cours, et te serviront toute ta vie, n’en doute pas.
- Euh… Très bien… Merci madame… Je vous dis à demain, à sept heures ?
- En effet. A demain, Lysa ! »
Elle me sourit, et désactive sa protection pour me laisser sortir sans encombre.
Le soir, je suis de marbre. Je n’arrive pas à croire que la magie existe. Mes parents ne comprennent pas ce qu’il m’arrive, sans doute prendront-ils ça pour une crise d’adolescente un peu retardée ? Ils ne cachent pourtant pas leur inquiétude à mon égard. Je leur en suis reconnaissante, mais j’aimerai mieux qu’on ne me fixe pas comme si j’attirais tous les fléaux de la Terre. Enfin qui sait, peut-être que si, justement ?
J’écoute ce qui m’entoure. Il pleut. Les gouttes d’eau martèlent le toit de la maison, et je frissonne en les entendant. Elles me donnent froid. J’attends, encore et toujours, que le temps passe, attendant que le sommeil me vienne, en vain. Je suis épuisée, j’ai besoin de dormir, mais les révélations d’aujourd’hui tournent, encore et toujours, dans ma tête comme une litanie étourdissante. J’en ai marre, je veux sombrer dans cette autre dimension que procure les rêves, mais malheureusement, je n’y parviens pas, ma volonté n’y fait rien.
Je regarde l’heure. Quatre heures du matin. C’est bien matinal. Je traine encore un peu au lit, enfin jusqu’à ce que mon réveil sonne, et me lève pour me préparer à cette journée qui s’énonce époustouflante. Oui, certes, époustouflante, mais surtout épuisante. J’ai besoin de dormir. Le fait de m’endormir en cours m’effraie quelque peu. Je ne veux pas passer pour une feignante ou autre.
Je prends le bus de six heures. Mes parents se sont à peine levé que je m’en suis allée. J’ai dû leur expliquer la situation, car ils baignaient dans l’incompréhension la plus totale. Je m’assois sur une chaise proche de la sortie. Je ferme les yeux, et finalement je m’assoupis.
Une main me secoue violemment. Je peine à ouvrir les yeux, et reprends conscience de la situation. Une jeune fille aux cheveux bleu turquoise me secoue et me hurle :
« Eh ! On est arrivé ! Eh oh ? Tu m’entends ? »
Je grogne, frustrée d’être tirée de ce sommeil si régénérateur. Je me lève avec difficulté, sors du bus et entre dans le lycée, tellement fatiguée que les couleurs et la structure du bâtiment ne m’étonnent même plus. Je cherche, à moitié endormie, la salle de classe qui sert aux cours de magie. F530 ? Je ne connais pas le bâtiment F… Et encore moins le numéro 530 ! Car cela signifierait qu’il y a cinq étages, alors qu’il n’en existe que deux…
« Tu ne sais pas où aller, pas vrai ? me dit une voix derrière moi. »
Je me retourne et recroise le regard à la fille aux cheveux turquoise. Je secoue la tête, car parler est un effort que je ne peux pas faire pour l’instant, à cause de ma fatigue.
« D’accord. Suis-moi ! dit-elle en souriant. »
Je la remercie du regard et la suit dans un couloir sinueux qui mène à un cul-de-sac. Elle me fait un clin d’œil, marmonne une formule étrange que je n’entends pas, car je suis un peu dans les vaps, et traverse le mur. La fatigue m’empêche de réagir comme je le devrais. Je la suis sans réfléchir, car réfléchir, je le ferai quand j’aurai l’esprit moins embrumé, et une salle de classe me fait place.
Le cours de magie va commencer.


Chapitre 4

Le petit vieux me fit un signe de tête, avant de se poster près de la porte. OK, message reçu, je viens avec lui. Je fis mon sac rapidement, rangeant ma trousse, le mit sur mon épaule et remontai ensuite l’allée de bureaux le plus vite possible, sentant sur moi les regards des autres.
Mr Vieux, vu que je ne connaissais pas son nom, m’entraîna dans les couloirs du lycée. Je me demandai pourquoi ce n’était pas ma prof principale qui me briefait sur ces cours spéciaux. Quoique, au vu des regards assassins qu’on s’étaient échangés, il valait mieux que ce soit cet homme qui s’en charge, oui.
Mr Vieux me fit entrer dans son bureau, une pièce tout à fait normale, si on exceptait la croûte qu’on osait appeler tableau et qui serait plus utile au fond d’une poubelle. Mr Vieux m’indiqua la place en face de lui, mais je préférai le regarder de haut, sans bouger du centre du bureau, mains dans les poches. Il soupira, s’assit lentement dans son siège et me dévisagea de ses petits yeux ridés. À tâtons, une main attrapa un document : épais comme la Bible, dans une pochette bleue pâle, avec un nom écrit en haut.
« Mlle Chrome... June Chrome... »
Je levai les yeux au ciel : merci, c’est bon, je connais mon nom.
... Mr Vieux.
« Vous n’avez pas rempli votre questionnaire, soupira Mr Vieux en abaissant son regard vers la fiche. Vous avez juste... fait une croix. »
Il me tendit la fiche, que je n’attrapai pas. Las, il la posa sur son bureau, bien en évidence afin que je puisse la voir.
« Je me souviens de votre mère, déclara-t-il soudainement, beaucoup plus abrupt. C’était une élève sage. Calme. Disciplinée. Jamais elle n’aurait agi comme vous, Mlle Chrome !
- Je ne suis pas ma mère, murmurai-je, maudissant ma voix faible.
- Non, non, c’est vrai. C’était un bon professeur, aussi. Douce avec tout le monde. Même les pires l’adoraient. Mais vous, vous... »
Un goût amer me restait dans la bouche et je ne voulais plus vraiment être cynique, préférant regarder froidement Mr Vieux, qui se passait les mains dans des cheveux inexistants. Son front ridé se plissait et se relâchait, comme si il hésitait entre deux expressions.
Une fois son spectacle de drama queen fini, il lâcha de sa voix normale :
« Votre questionnaire, Mlle Chrome, n’était pas complet, car faire une croix pour signifier le décès de votre mère ne signifie pas remplir. Cependant, votre professeur, Mme Cannu, a préféré insister sur la génétique et espère que vous aurez les mêmes dons que feue votre mère.
- Ça doit pas être la partie où je vous demande d’une voix incrédule de quoi vous voulez parler ? »
Nouveau soupir las.
« Votre mère était une magicienne, Mlle Chrome. Une très grande magicienne. »
...
OK. Alors déjà, il faudrait que je fasse venir un service de dépistage : quelqu’un avait vraisemblablement mis de la drogue dans la nourriture de la cantine. Et si tout était une immense blague, je me casserai fissa de cette prison qu’on appelait lycée, afin d’appeler la police, histoire d’arrêter tous ces dingues.
Mr Vieux eut un minuscule sourire en face de moi (à comprendre : ‘‘Lol, j’t’ai eu ouaich !’’). Je ne sais pas à quoi je devais ressembler en cet instant - un poisson ? quelqu’un de blasé ? -, ça devait sans doute être très drôle à voir pour lui.
« OK. C’était très drôle. Vraiment. Maintenant, vous permettez ? Faudrait que j’y aille, je veux pas rater le prochain bus. »
Et, sans plus de cérémonie, je tournai les talons et ouvrit la porte.
Qui me claqua au nez.
Je levai mes sourcils, repris la poignée en main et essayai de la tourner. Elle restait bloquée, avec un horrible «CLIC CLIC CLIC CLIC» qui me narguait presque, semblant me dire : «T’peux pas t’échapper, héhé !»
« Ceci, Mlle Chrome, est de la magie. Et votre mère pouvait en faire beaucoup plus que moi. »
Je refusai de me retourner vers Mr Vieux, dont la voix presque narquoise me faisait presque mal aux oreilles.
« Ma mère nous l’aurait dit. Elle était sincère. Pas comme vous dans cette école de dingues.
- Cette école de dingues, Mlle Chrome, est une école de magie. Les cours spéciaux dont vous ferez part seront des cours de magie. Tout le monde en a une, seulement, vous avez plus de chance de la développer que d’autres.
- Bien sûr.
- Nous ferez-vous l’honneur de votre présence ? »
Un bruit de verrou se fit entendre. La porte n’était plus fermée à clé, la poignée se tourna aisément. Et, devant moi, la liberté.
Je ne répondis pas et marcha dans le couloir interminable, plus pressée de regagner ma maison que jamais.
Je ne savais pas pourquoi je m’étais levée, au final. Peut-être sous la pression de mon père hier soir (‘‘C’est bien, fille ! Tu fais partie des meilleurs !’’).
Désolée, papa. Je ne fais pas partie des meilleurs, simplement des illuminés.
Sous l’abri de bus, m’abritant de la pluie, je regardai de mon habituel air maussade ceux qui m’entouraient. Juste des gars avec des couleurs de cheveux aussi excentriques et flashis les unes que les autres. Certains avaient encore une teinte normale. Des nouveaux, comme moi, qui semblait juste ne pas savoir ce qu’ils faisaient là. Enfin, si, de la magie, ils devaient l’avoir appris de la bouche de leurs profs (ou de Mr Vieux). Mais il était difficile de croire que... Eh bien, que tout le monde y avait cru.
Remarquez, j’étais bien là à poireauter comme une débile sous un abri pourri, pour suivre des cours avec des fous parce que soit disant ma mère adorait se teinter les cheveux.
Le bus arriva à cet instant et tout le monde s’y engouffra avec soulagement. Je m’installai directement au premier rang, certaine que personne ne m’y dérangerait. Ce qui ne loupa pas.
Le conducteur me lança un regard étonné : peut-être que voir quelqu’un de normal dans ce véhicule était devenu aussi rare que les Pikachu dans Pokémon GO, je ne sais pas.
Le bus s’ébranla et démarra, alors que des chuchotis ou des légers ronflements se faisaient déjà entendre. Je regardai la route devant moi avec un air accusateur, comme si elle était la seule responsable de ce qui m’arrivait actuellement. Le conducteur me parla soudainement :
« Nouvelle ?
- Ouais. », grinçai-je sans décoller le regard du bitume qui se déroulait devant ma tête. J’étouffai rapidement un bâillement.
« Tu verras, tu vas vite t’habituer. Au début, c’est dur. Mais, hé. Personne ne s’est jamais plaint de ces cours supplémentaires.
- Je ne suis pas personne. Et ces cours supplémentaires, j’en ai rien à faire. Je me demande encore pourquoi je suis dans ce truc. »
Le conducteur pouffa, comme si je venais de dire une blague très drôle.
« Toi, je t’aime bien. T’es pas comme eux. T’as un truc.
- De l’intelligence, peut-être ?
- Peut-être bien, oui. Ou quelque chose. T’as pas l’air ici pour plaisanter.
- C’est vrai. Je suis là pour dormir. Et pour pourrir la vie de ces profs qui nous font lever hyper tôt. »
Avec un dernier sourire à mon égard, le conducteur stoppa le car devant le portail du lycée. Les élèves descendirent avec hâte. Au fond, j’en entendis une brailler sur une pauvre seconde, qui s’était apparemment endormie un peu trop profondément. Avec une dernière grimace, je sortis de ce bus et me dirigea droit vers le bâtiment, qui avait plus des allures de cimetière qu’autre chose, avec cette pluie. Il était censé faire jour, mais les nuages gris obscurcissaient tellement le ciel qu’on aurait pu croire que la soleil venait tout juste de se lever.
Dans le lycée, mon regard buta de nouveau sur les statues, les dessins, les murs colorés. Heureusement que j’étais matinale hors les jours de week-end et de la rentrée, parce qu’avec ça, j’aurai facilement pu croire que tout n’était qu’un mauvais rêve et détaler aussi sec.
... D’ailleurs, je me demande actuellement pourquoi je ne le fais pas, en fin de compte.
La fille aux cheveux turquoises, qui aimait apparemment bien gueuler dès le matin, demanda à une fille aussi perdue que moi devant un exercice de physique-chimie, si elle savait où aller. Elle aurait très bien pu déduire la réponse à l’air complètement hagard de cette pauvre seconde, qui réussit à peine à secouer la tête négativement. Un clin d’oeil plus tard et les deux partaient le long d’un couloir. Un peu dubitative, je me décidai à les suivre de loin.
Elles marchèrent dans le couloir durant quelques minutes, alors que je les suivais avec la discrétion d’un espion soviétique. Même si je ne savais pas le taux de discrétion d’un soviétique, ou même d’un autre habitant d’un autre foutu pays.
Les deux aboutirent à un cul-de-sac, et je m’empressai de les rejoindre en silence. Le temps que je comprenne pourquoi, bon sang, la turquoise nous avait emmené ici, que cette dernière disparaissait dans le mur, suivie de près par l’autre endormie.
...
W
T
F
?!
Un peu béate devant ce... Ce... Bah, ce mur, je commençai à m’interroger sur ma santé mentale. Avant de me souvenir que les fous, ici, c’était eux, pas moi. Ensuite, si je n’étais pas victime d’une hallucination éveillée. Ce dont je doutais vu que, de toutes les secondes, j’étais apparemment celle la plus habituées à me lever aux aurores pour les cours.
Je pris une grande inspiration. Jeta au mur un regard de défi (ne me demandez pas ce que m’avait fait ce MUR, j’en sais que dalle). Puis m’y approcha doucement, tout doucement.
Tendis ma main afin de le toucher.
Et atterris dans une salle de classe.
Plus swag comme entrée, ça n’existait pas, je vous dis.
Bien bien bien bien... Je lançai un regard courroucé aux alentours, remplis d’élèves et de quelques profs, remis négligemment ma cravate et le col de ma chemise.
Commençons donc ce massacre.

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MessageSujet: Re: Fiction de Ambry et De Tigrou <3   Mer 21 Sep - 18:41

Let's go for my chapter! :D


Chapitre 5

Une salle de classe se tient à présent devant moi. Je ne pensais pas qu’une telle salle pouvait exister. Difficile de rester endormie devant un spectacle aussi fascinant : à première vue, la salle de classe est banale : même mur, même papier peint – bon, certes, pas la même sorte de porte, mais ce n’est qu’un détail futile, après tout… N’est-ce pas ? Mais, on remarque vite un détail qui cloche. Entre autres, les trousses et taches de peintures volantes. Mais surtout, la salle est inversée. Il y a en effet des objets volants, même le tableau en fait partie – peut-être n’avaient-ils pas assez d’argent pour le faire accrocher, alors ils ont décidé de le faire flotter dans le vide ? Mais le plus frappant, c’est les tables et les chaises. Elles sont posées normalement, comme dans toute salle de classe. Sauf qu’elles sont posées sur le plafond.
La fille aux cheveux turquoise me dit :
« Ne t’inquiète pas, on n’aura pas à s’assoir à l’envers. C’est juste pour les ranger, et faire de la place. »
Faire de la place ? Je n’en crois pas mes yeux. Cette salle est l’endroit le plus loufoque que je n’aie jamais vu. Les metteurs en scène en seraient jaloux. Même en film, les endroits n’ont jamais été si… Invraisemblables ?
J’avance de quelques pas. La salle est, quand on y fait attention, beaucoup plus grande qu’une salle de cours banale. A croire qu’ils veulent nous faire faire du sport. Ou qu’il y a énormément d’élèves. Une fille arrive derrière moi. Elle m’a l’air normale. Une seconde ? Ses cheveux châtains sont coiffés à la perfection, et ses yeux verts sont si pétillants que je me demande si cette fille connaît la fatigue. A côté d’elle, moi, avec ma tignasse rousse et ébouriffée et mes yeux gris/verts, je semble bien laide. Cette fille est vraiment magnifique. Je la contemple, et quand mon regard croise le sien, je rougis. Je détourne aussitôt le regard.
« Bonjour à tous, dit une voix qui m’est familière. Je suis Madame Huyet, votre professeur de magie. Nous allons donc tous nous présenter les uns aux autres. D’ailleurs, les élèves du cours de magie et leurs professeurs sont ici un peu comme une famille. Donc vous pouvez me tutoyer, et ne m’appeler non pas « Madame », mais Nadine. Présentez-vous les uns aux autres, je vous en prie. »
Tous s’expriment chacun son tour. Mon tour arrive vite, et j’annonce :
« Bonjour, je m’appelle Lysa Jourdain. J’ai quatorze ans et je suis en seconde. J’aime beaucoup l’escalade. Ma passion, c’est lire et écrire. Enchantée ! »
Je me tais avec l’impression d’avoir été ridicule. Le tour de la jeune fille aux cheveux châtains arrive. Elle s’appelle June. J’aime beaucoup son nom. Je ne sais pas pourquoi, mais elle me donne une impression grandiose. Et surtout… Elle me donne une impression de déjà-vu. J’ai l’impression de l’avoir déjà connue ultérieurement, mais je ne réussis pas à retrouver où je l’ai vue.
Mme Huyet, ou devrais-je dire Nadine, sourit et dit :
« Puisque nous sommes en cours de magie, notre but est de faire de la magie. Les seconde, vous allez vous mettre en groupe avec une personne de première ou de terminale, qui va vous expliquer comment faire. La leçon d’aujourd’hui est la teinture des cheveux. C’est la chose la plus simple à faire. »
Je regarde les personnes les plus expérimentées. Elles ont toutes déjà un novice. Même cette fille que je surnomme désormais « Turquoise » et Laurine. Je cherche un mentor des yeux. Personne ne semble me remarquer. Tous ont déjà leur apprenti. A croire que je suis la seule à ne pas avoir d’enseignant. Je remarque que Turquoise a pris pour apprentie June. Je la jalouse un peu.
Je cherche désespérément du regard quelqu’un à qui me fier. Personne. Soudain, une main se pose sur mon épaule. Nadine me regarde et me dit :
« On est un nombre impair. Je serai donc ton enseignante pour aujourd’hui ! »
Elle sort un petit miroir en verre banal. Elle me le tend. Hésitante, je finis par le lui prendre des mains. Elle me dit alors :
« Visualise tes cheveux d’une certaine couleur. Il te suffira juste de prononcer les mots « Colora Imaginus » et tu pourras admirer le résultat. Essaye, mais attention à la couleur que tu prends, car elle sera sur tes cheveux pendant longtemps. Si tu ne veux pas changer de couleur, visualise simplement celle que tu as actuellement, même si on ne pourra pas bien voir si tes cheveux ont changé. »
Je fais ce qu’elle m’a dit. Je visualise une couleur rousse, un peu plus foncée sur les pointes, pour qu’on puisse voir si cela a réussi ou non. Mais, au moment de prononcer le premier mot, mon esprit part en vrille sur plusieurs couleurs.
« Colora Imaginus. »
Je ferme les yeux, tentant de me raccrocher à ma première image, mais c’était peut-être un peu tard… Lorsque je rouvre les yeux, je ne me reconnais plus. Je suis toujours la fille aux cheveux roux et aux yeux gris verts, mais… En fait, je ne la suis plus. Je-ne-sais pas pourquoi, mais mes cheveux ont pris des teintes incroyables. Des mèches de toutes les couleurs me recouvrent la tête. Non pas que ce fut laid… C’était juste étrange. Trop concentrée sur mes cheveux, je ne remarque pas tout de suite la plus grande anomalie. Mes yeux ne sont plus gris-verts ; ils ont pris une teinte violette fluorescente. Je lance un coup d’œil alarmé et interrogateur à mon professeur, qui a l’air tout aussi étonné que moi.
« Pourquoi… ? J’avais visualisé des mèches rousses…
- Je… J’avoue que je ne comprends pas, s’excuse-t-elle. Et puis… Normalement, les yeux ne changent pas de couleur… Comme leur couleur est liée aux informations génétiques, on ne peut habituellement pas les modifier. Portes-tu des lentilles, actuellement ?
- Je… Non… »
Un silence dubitatif se crée. Je me retourne pour voir si le même problème s’est créé chez d’autres personnes. Je vois des cheveux de toutes les couleurs, du rose, du vert, du violet… Mais pas d’yeux changeants. Ni de cheveux multicolores. J’aperçois June. Elle n’a pas changé du tout. A-t-elle tout simplement visualisé la même chose qu’avant ? J’en doute, vu le regard furibond que lui lance Turquoise. Peut-être s’est-elle trompée quelque part… ? Ou n’a-t-elle pas essayé ? Je ne sais pas, et je ne veux pas spécialement le savoir. Je suis bien trop éberluée par mon changement pour dire quoi que ce soit.
Soudain, la cloche sonne. Comme j’ai français avec Mme Huyet, ou plutôt Nadine, je décide de l’attendre. Nous partons donc ensemble vers la salle de cours. Derrière moi, des murmures indiscrets se font entendre. Cela partait du « T’as vu ses lentilles ? Elle se prend pour qui, avec ses yeux violets ? » au « Ils font atelier coiffure ou quoi, avant les cours ? ».
Je ne les écoute pas. J’aime énormément les cours de magie. Mais bizarrement, j’y fais des choses anormales pour un magicien. Comme changer la couleur des yeux. Qu’est-ce que mes parents vont penser de ça ? A tous les coups, ils vont me prendre pour une ado rebelle qui montre son autorité…
Je m’installe au premier rang, seule, devant mon mentor. Elle commence son cours normalement, et comme elle s’est déjà présenté le premier jour, commence le chapitre. C’est ennuyeux. A plusieurs reprises, je la vois me sourire discrètement, comme pour me dire « Ne t’inquiètes pas, ça va s’arranger. » J’en doute pourtant. Elle voit que je n’arrive pas à suivre, et je pense qu’elle comprend qu’après un cours si lourd en rebondissements, un cours banal m’ennuie.
A la sonnerie, elle me souhaite bonne chance et me dit à demain. Qu’arrivera-t-il donc, demain ? Je préfère ne pas le savoir… Aurai-je dans ma scolarité au lycée au moins un jour normal ? J’en doute.
Le reste de la journée fut tout aussi ennuyeux. Entre maths, histoire-géo et physique-chimie, je ne trouvais pas mon bonheur. C’était long et sans intérêt, puisque la magie venait constamment détruire toutes les théories et lois de maths et de physique. Et pour l’histoire… A quoi bon se consacrer au passé, alors qu’on peut tout faire dans le présent ? Quel ennui.
Le bus est en retard. La pluie tombe et mes cheveux collent à ma peau. Cependant, la coloration n’a pas l’air d’avoir envie de partir. C’est dommage : mes parents ne vont pas aimer cette « nouvelle mode ». J’ai peur de les mettre en rogne… Ils vont croire que j’ai utilisé tout mon argent de poche pour des lentilles et une coloration ! Alors qu’en vérité, ces changements ne viennent que d’une erreur, ou de quelque d’aussi bête.
Je suis devant chez moi, et je désespère un peu. Je rentre silencieusement. Avec un peu de chance, ils ne me remarqueront pas… Un cri brise tous mes espoirs. Ma mère qui s’exclame dans la cuisine :
« Notre petite Lysa est rentrée ! Ça me fait tellement plaisir ! »
Eh bien, ça te fera moins plaisir quand tu verras que je me suis fait une « teinture » ! Extravagante qui plus est ! Et avec mes yeux turquoise, c’est la cerise sur le gâteau…
Ma mère sort de la cuisine, toujours aussi ravissante et agile. Je cours le plus vite possible dans ma chambre et m’enferme à double tours. Tant pis si cela serait pris comme un acte de rébellion. Autant retarder la catastrophe le plus possible… Non ?
Ma mère crie alors :
« Qu’est-ce qu’il se passe chérie ? Tu m’en veux ? Pourquoi ?
- N… Non je ne t’en veux pas, ne t’inquiète pas…
- Je t’ai préparé des enchiladas ! Ton plat préféré ! Allez, viens manger ! »
Mon ventre gronde, l’envie est forte. Mais je ne peux malheureusement pas me permettre d’aller manger avec eux…
« J’ai mal au ventre… Je vais dormir tout de suite… »
Heureusement que j’ai quelques biscuits dans ma chambre, parce que je risque de mourir de faim à force d’éviter mes parents.
Je fais mes devoirs, essaye de redonner leur teint normal à mes yeux et à mes cheveux – en vain –, grignote quelques sucreries pour calmer ma faim et vais me coucher. Je réussis à m’endormir assez rapidement.
Je me réveille vers trois heures du matin. Je meurs de faim… Mais surtout…
Quelque chose me fait sursauter. Un bruit de clés dans une serrure… Dans ma serrure ! J’avais oublié que mon père avait toujours un double de toutes les clés possibles et imaginables ! Même celles de ma chambre, à mon grand mécontentement. Je me cache sous ma couverture une seconde avant que la porte ne s’ouvre avec un grand fracas. Déboulent alors mes deux parents – je reconnais leurs pas. Soudain, une main s’agrippe à ma couverture, et elle s’envole, me laissant sous le regard de ma famille.
J’en suis sûre, ce ne sera pas une réunion joyeuse.

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MessageSujet: Re: Fiction de Ambry et De Tigrou <3   Mer 26 Oct - 15:15

Chapitre 6

Force est de constater qu’au moins, Mr Vieux ne m’avait pas menti. Enfin, apparemment. Parce que je ne pourrais pas expliquer de façon logique le fait que des trousses et des... taches de peinture volaient. Ou encore pourquoi un tableau avait décidé de prendre son indépendance et qu’il flottait désormais paresseusement dans la salle de classe. Les bureaux et chaises étaient quant à eux collés au plafond, tranquillement. En somme, on aurait pu se croire dans un Harry Potter, sauf que cette fois-ci, nous étions Harry Potter. Ce qui n’était pas franchement logique, m’enfin, passons.
Devant moi, j’entendis Miss Turquoise dire qu’on n’allait pas s’asseoir à l’envers. Encore heureux, ouais. Je ne suis pas venue ici pour me rompre le cou.
Une fille aux cheveux roux ébouriffés et aux yeux gris-verts me lança un regard un peu impressionné avant de rougir et de fixer le sol comme si ce dernier était le plus beau du monde. Je ne compris pas sa réaction et resta là à la fixer avant de me reconcentrer sur la salle de classe de... de magie. Salle qui, si on regardait bien parce qu’on n’avait rien à faire comme moi, était légèrement plus grande que la normale. À moins que la foule considérable d’élèves renforçât cette impression.
Une prof commença à prendre la parole, attirant l’attention de tous les élèves sur elle. J’en profitais pour me mettre vers le fond de la salle le plus silencieusement et discrètement possible... Ce qui était une tâche un peu dure compte tenu de la foule. Je me retrouvais acculée entre le mur et Miss Rousse-Timide par je-ne-sais quel procédé. Joie.
Il fallut nous présenter, ce que chacun fit plus ou moins vite. Vint rapidement le tour de Roussette, qui nous balança son identité en ces termes :
« Bonjour, je m’appelle Lysa Jourdain. J’ai quatorze ans et je suis en seconde. J’aime beaucoup l’escalade. Ma passion, c’est lire et écrire. Enchantée ! »
Elle se tut soudainement, comme si elle se rendait compte que ce qu’elle disait était un peu ridicule. Car, avouons-le-nous, c’était un peu le cas.
Bref.
Quoiqu’il en soit, ce fut mon tour, et énormément de paires d’yeux se posèrent de suite sur ma pauvre petite silhouette recroquevillée sous le poids de ces regards perçants. Non, j’déconne, je remis simplement fièrement ma cravate et lança un simple :
« June Chrome. »
Puis un regard circulaire sur tous ces gars, histoire de bien montrer mon mépris.
Mme Huyet (non, Nadine, Nadine !) se racla la gorge, brisant ainsi mon petit effet mélodramatique, et le tour de présentation comme quoi on était tous potes reprit.
Une fois le dernier élève passé, Nadine nous expliqua comment nous mettre en groupe. Turquoise, dont le nom était si insignifiant que je l’avais déjà oublié, m’agrippa immédiatement le bras et me tira énergiquement vers elle. Un peu surprise par tant de force, je sautillais jusqu’à elle. Son regard déterminé m’indiquait qu’elle ne semblait pas là pour plaisanter.
Alors que moi, bah, si, un peu. Enfin, dans mon sens, hein. Ce qui était pour moi un synonyme de ‘’Ne strictement rien faire’’. Du coin de l’œil, je vis que Roussette - non, Lysa - était avec Nadine-la-prof et semblait complètement perdue. Dans les deux sens du terme.
Turquoise me colla immédiatement un miroir dans les mains et m’expliqua d’une seule traite :
« Tu pourras plus faire semblant d’en avoir rien à faire, après ça ! Le truc, c’est que tu t’imagines dans ta tête une couleur de cheveux, bien précisément. Et après, tu dis juste « Colora Imaginus » et hop ! Magie ! »
Elle rigola toute seule à sa blague pourrie, alors que je lui lançais mon regard le plus blasé du monde.
« Bref ! Ferme les yeux et... Bienvenue au club, Miss ! »
Le fait qu’elle m’appela ‘‘Miss’’ me donna tout simplement l’envie de la taper avec le miroir qui se trouvait dans mes doigts.
Tandis que d’autres coloraient leurs cheveux en rose ou en bleu, je la regardais droit dans les yeux, avec tout le mépris que je pouvais exprimer par un seul regard.
Dieu, que je n’aimais pas cette fille.
Il y eut une exclamation, tout proche de nous. Apparemment, le tandem Lysa-Nadine avait quelques soucis. Ce qui ne nous empêcha pas, Turquoise et moi, de continuer à nous dévisager hostilement.
Il y eu un silence dubitatif, mais qui n’était certainement pas destiné à nous deux.
« Pourquoi. Tu. N’as. Pas. Obéis ?!, siffla-t-elle le plus bas possible.
- Et pourquoi je devrais t’obéir ?!, répondis-je du même ton.
- Je suis ton aînée !
- Mais je m’en contrefous !
- Tu...
- Clémence ! »
Turquoise, Clémence, peu importe, se tourna vivement vers la source de l’appel : un de ses camarades prenait son sac sur une de ses épaules d’une façon qu’il croyait peut-être cool mais qui en fait ne l’était pas du tout.
« Le cours est fini, Clémence. On doit y aller ou le prof va nous faire chier toute la journée.
- Ouais, j’arrive. », grinça-t-elle. Elle se détourna de moi, non sans un dernier regard assassin.
J’attendis qu’elle et son groupe partent pour, à mon tour, prendre mon sac. Un regard à Lysa m’informa de la situation un peu épineuse dans laquelle elle se trouvait : ses cheveux étaient désormais un magnifique arc-en-ciel, qui ferait sans doute la joie des gosses dans la rue, et ses yeux paraissaient désormais violets. D’un violet translucide, même. Et ça, je doutais que ce soit au programme.
Avec un haussement d’épaules, je franchis à mon tour la ‘‘porte’’ afin de me rendre en cours et de enfin finir cette journée horrible qui avait commencé.
La fin des cours de l’après-midi arriva avec tellement de lenteur que je me demandais même si quelqu’un avait trafiqué le temps ou un truc tordu de ce genre. Le prof d’histoire-géographie me revenait bien, bizarrement. Peut-être parce que j’adorais cette matière.
Le trajet en bus fut long. Et horrible. Et tout ce qu’on veut de négatif parce que... Parce que. Ce n’était même pas le même conducteur que ce matin, malheureusement, et je ne pus donc pas discuter de façon totalement pas philosophique avec celui-là. Parce que je n’allais pas accorder ma confiance à un type qui fumait quatre clopes en dix minutes. Alors que l’autre m’avait l’air d’autant plus sympa.
Heureusement, mon arrêt arriva enfin et je descendis du car presque en bondissant. Quoique je courus jusque chez moi, histoire de mettre le plus de distance possible entre moi et cette école de dingue. Et tout ce qui s’y rattachait plus ou moins.
J’atteignis la porte d’entrée avec un soulagement non-feint. Et, avant que je ne puisse poser ma main sur la poignée, cette dernière se tourna et la figure souriante de mon père apparut dans l’embrasure.
« Comment va donc ma petite chérie ? »
Sans attendre ma réponse, il m’attrapa le bras (à croire que c’était une manie aujourd’hui) et me tira dans l’appartement.
La plus grande différence entre mon père et moi n’était pas le physique : nous étions assez semblables, en particulier dans la couleur des cheveux et certaines manières de parler et de faire. Lorsque j’étais petite, tout le monde répétait que j’avais tout hérité de mes deux parents (à l’époque, j’étais fière. Maintenant, j’en déduis plutôt que ça voulait dire : « Sans eux, tu ne ressemblerais à rien. » Ok). Non, la plus grande différence, c’était le caractère. Mon père était joyeux là où je faisais la tronche. Il parlait avec calme là où je gueulais. Et ainsi de suite.
Bref, pour en revenir à l’action. Mon père me traîna à moitié dans la cuisine, où il me fit asseoir précipitamment, alors que mon sac était encore sur mes épaules.
« Tu veux quelque chose pour le goûter ? J’ai fait un très bon gâteau, enfin, je trouve, tu en veux ? Chocolat, comme tu l’apprécies ! Alors ?
- Viens-en au fait, plutôt. »
Il s’arrêta immédiatement dans ses activités, avant de se tourner légèrement vers moi et de me lancer un pauvre sourire d’excuse.
« Je suis donc piégé, pris en flagrant délit et tout ce qui s’en rapporte ?
- Tu ne sais pas mentir, détourner l’attention et tout ce qui s’en rapporte, oui. »
Cependant, un sourire discret ornait mes lèvres.
Mon père s’assit lentement devant moi, d’un air plus sérieux que tout à l’heure.
« Tu te doutes de ce que je m’apprête à dire ?
- Un peu. Peut-être.
- Alors, soupira-t-il. Comment s’est passé ton premier cours de magie ? »
J’eus une expression étonnée, sans doute, car il me lança un regard surpris.
« Tu ne pensais pas à ça... ?
- Bordel, non, je m’attendais à un ‘‘J’ai une petite amie !’’. Pas à ça !
- ... Tu es fâchée.
- Bien joué, Watson ! », ricanais-je en me levant précipitamment de ma chaise, assez pour que je faillisse me ramasser par terre.
« C’est quoi, la prochaine étape ? J’ai un frère jumeau caché et je ne le sais pas ? Maman n’est pas morte mais en mission dans l’espace ?
- ... Non, pas vraiment mais...
- Elle est belle, la famille ! Et tu comptais, non ! vous comptiez me le cacher combien de temps ?! Jusqu’à ma mort ? À la vôtre ? En espérant que j’aurai la bouche en cœur lorsque vous me l’annonceriez ?!
- Tu étais trop jeune pour comprendre, à ce moment-là !
- J’ai 15 ans ! Presque 16 ! Ne me fais pas croire que je suis trop jeune ! »
Je pris mon sac en bandoulière et passa le seuil de la porte. J’étais tout de suite plus pressée de retourner dans ma chambre. Et mon père ne chercha pas à me suivre.
Alléluia.
Grâce à ma porte de chambre qui n’était pas coulissante, je pus la claquer avec toute ma force de jeune fille hystérique. Avant de m’effondrer sur mon lit.
Bon. Topo.
Mon père s’est bien foutu de ma gueule, ma colère n’est pas du tout justifiée et j’ai faim.
YOUHOU.

À 23h, je ne dormais toujours pas. Penchée sur mon bureau, je dessinais furieusement tout ce qui me passait par la tête. On toqua à ma porte et, quelques secondes plus tard, cette dernière s’ouvrit. Mon père entra dans ma chambre avec un plateau, qu’il posa discrètement sur mon lit.
« Je suis désolée, ma petite chérie. »
Je ne répondis pas mais je m’arrêtais de griffonner sur ma feuille.
« C’est vrai, on aurait dû te le dire. Tu es la fille la plus intelligente que je connaisse. La plus forte. La plus responsable.
- Ouais, je suis ta fille quoi. »
Il rigola un peu et me demanda tout de suite après :
« Alors, tu m’en veux encore ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles. »
Il eut encore un éclat de rire avant de m’embrasser sur le haut du crâne, comme lorsque j’étais jeunette. Puis il me souhaita bonne nuit, me conseillant de manger immédiatement pour aller dormir le plus rapidement possible.
Et je peux affirmer que ces raviolis étaient les meilleurs du monde.

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MessageSujet: Re: Fiction de Ambry et De Tigrou <3   Mar 1 Nov - 18:27

Chapitre 7 :

Ma couverture s’envole violemment, et je comprends que me cacher n’est à présent plus une option valide, pour mon plus grand malheur. Un cri de stupeur s’échappe de la bouche de mes parents, mais je remarque que ces deux cris ont une résonnance différente…
Autant, je comprends que ma mère s’évanouisse en criant « Quelle horreur, notre Lysa se rebelle… ! », autant, je ne comprends pas pourquoi mon père me lance un regard admiratif. A croire qu’il aime le multicolore et les yeux violine. Parce que oui, mes yeux sont plus d’une couleur violine qu’améthyste et autre. Son regard ne décèle aucune once de frayeur, seulement de la stupeur, et peut-être… Du bonheur ? D’accord. Mon père aime les teintures et les lentilles bizarres. Il aime les « actes de rébellion », comme dirait sa mère.
« Incroyable… murmura mon père.
- Comment ça, incroyable ? »
C’est la seule chose qui sort de ma bouche. Je n’ose pas en demander d’avantage, de peur qu’il me prenne pour une folle/ignorante.
« Alors comme ça, tu es l’une d’elles… »
Je suis emplie d’incompréhension. L’une d’elles ? Qui sont ‘’elles‘’ ? Et pourquoi mon ensemble cheveux/yeux ferait partie de la communauté qu’il appelle elles ?
« Tu dois avoir tellement de questions, murmura-t-il.
- Oui, mais je t’avoue qu’il y en a deux qui m’intriguent plus que les autres, répondis-je, un peu sarcastique. A savoir, c’est qui, ‘’elles‘’, et pourquoi j’en fais partie ?!
- C’est une longue histoire… Très ancienne, connue de peu. Une prophétie disait : Deux jeunes femmes, aux yeux violets étincelants et aux cheveux arc-en-ciel, sauveront le monde de la dévastation, et feront naître une nouvelle ère chez les magiciens.
- Chez les magiciens ? Attends… Tu es au courant ?! Pourquoi ne m’avoir rien dit ?!
- Ta mère n’est pas une magicienne, dit-il en s’excusant du regard, je ne pouvais pas avoir la certitude que tu en serais une… Et t’en parler aurait pu être risqué, imagine tu n’étais finalement pas des nôtres ? »
J’ai du mal à digérer toutes ces informations. Mon père, un magicien ? Et ma mère n’est pas au courant ?! Il se moque d’elle depuis toujours !
C’est la seule pensée qui me venait à propos de ma mère. Mon père lui a toujours menti, pour « préserver son secret ». C’est sa femme tout de même ! Les couples ne devraient se cacher aucun secret, même un secret de cette ampleur. C’est mon avis en tous cas.
Soudain, mon ventre grogna. Mon père me regarda, surpris, et compris pourquoi je n’avais pas voulu mangé immédiatement. Il rit, et m’annonce :
« On t’as gardé des enchiladas et du riz. Tu veux les réchauffer à la micro-onde et les manger maintenant ? »
Je souris, et suivit mon père dans la cuisine. J’engloutis mon repas d’une traite : un record ! Soudain, j’entendis un grognement assez semblable au mien quand je dois me réveiller les matins où j’ai cours. Au début, je prends peur, et me demande qui peut bien émettre ce son, puis je me souviens que ma mère s’était évanouie dans ma chambre. J’accourus, et lui murmura des mots réconfortants, tels que : « Tout va bien maman… Ne t’inquiète pas… » Elle me dit, sans me regarder :
« Lysa, c’est toi ? J’ai fait un horrible cauchemar…
-Maman ! décidais-je de crier. Autant qu’elle s’en rende compte tout de suite…
- J’ai rêvé que tu t’étais teint les cheveux couleur arc-en-ciel et que tes yeux étaient violets…
- Maman ! Ce n’est pas un rêve. Mes cheveux sont bien multicolores, et mes yeux sont violine ! »
Elle me regarda un instant. Je compris qu’elle allait à nouveau tourner de l’œil, et la gifla doucement à maintes reprises.
« Réveilles-toi maman ! S’il te plaît… »
Mon vœu fut, en quelques sortes exaucé. Ma mère ferma les yeux, et les rouvrit. Elle se leva brusquement, en me bousculant au passage, et hurla :
« Tu n’es pas ma fille ! »
Elle partit, furieuse, en direction de la cuisine, où elle croisa le regard de mon père très étonné.
« Notre fille est devenue folle, chéri ! annonça-t-elle avant de se diriger vers la table. Je refuse de lui adresser la parole, ou de partager mon souper avec elle ! »
Mon père comprit. Ce soir, il était inutile de négocier. Mais je l’ai su dès que j’ai croisé son regard. S’il le fallait, il lui avouerait son secret. Pour moi. Quelque chose qui ressemblait à de la reconnaissance naquit en moi. Mon père était vraiment le meilleur des pères !
Le lendemain, on était mercredi. Je me lève en imitant à la perfection le grognement de ma mère – parce que ce grognement, c’est ma spécialité ! – et me prépare à la lenteur d’un escargot. Le matin, ce n’est vraiment pas mon truc.
Je reconnais June à l’arrêt de bus. Je lui sourie, mais n’ose pas l’aborder. Elle ne m’a peut-être même pas vu, ne m’accorde peut-être même aucune attention. Je ne sais pas pourquoi, mais cette fille m’intimait le respect, la gentillesse et me donnait une impression de confiance en elle. J’ai entendu dire que depuis le début de l’année, elle fait tout pour qu’on la haïsse, et également qu’elle aime être soi-disant ce qu’on appelle une thug. Je ne sais pas pourquoi, mais moi, je l’aime bien.
J’entre dans le bus et m’éloigne un peu du conducteur, qui me toisait d’un regard étonné. Je remarque que June s’installe au premier rang, aux côtés du conducteur, et qu’elle lui parle. Peut-être se connaissent-ils ?
Je suis seule, affreusement seule. Je n’ai pas la moindre parcelle de ce qui se connait sous le nom d’ami. Mais la solitude me sied. Il m’arrive pourtant parfois, malheureusement, de m’ennuyer. Mais je ne pense pas que les amis changent grand-chose à ce sujet. Ils diminuent juste le nombre d’ennui.
Je trace directement mon chemin vers la salle de classe dès que le portail s’est ouvert. La seule personne que je pourrais plus ou moins qualifier d’amie, dans cet établissement, est mon mentor, Nadine Huyet. Je reste devant la porte, en essayant de me souvenir des mots de Turquoise – son nom ne me reviens pas, avec tous ces élèves – et me souviens qu’elle avait dit quelque chose du genre « Code : 3.4.5.7 ». Mais mon esprit était assez embrumé à ce sujet. Je me souviens surtout du « Code ». J’essaye de nombreuses combinaisons, et finalement, j’arrive à traverser après avoir donné les chiffes 8, 6, 3 et 4.
Nadine me dévisage de haut en bas lorsque j’entre. Une étincelle de surprise illumina brièvement son regard. Et pour cause : elle n’avait pas encore donné le code d’entrée aux secondes, et elle avait bien vite remarqué que je n’avais personne pour me l’avoir donné.
Les autres élèves remplissent peu à peu la salle. Nadine impose le silence, et dit que, pour cette séance, les tables seront nécessaires, ainsi qu’une feuille. Un brouhaha de paroles envahit la salle, et on voit les premières et terminales descendre les tables et les fixer au sol. C’était un spectacle assez étrange, puisque les tables étaient accrochées au plafond, et qu’une personne sensée se serait dit qu’elles sont collées avec de la colle ultra-forte. Je pense soudain à un détail.
« Nadine. Les cours de sept à huit sont pour les secondes, et je remarque que les terminales et premières enseignent leur savoir. Mais n’ont-ils eux-mêmes donc aucune véritable cour de magie ?
- Si, bien sûr que si. Les premières ont cours de magie pendant la pause-déjeuner, parce que leur année consiste en l’apprentissage de tout ce qui consiste la nourriture : la créer, la garnir, la transformer… C’est un apprentissage vraiment difficile, mais assez essentiel, car nous pourrions nous retrouver dans des situations critiques ! »
Comme quoi ? songeais-je. Ne pas aimer la nourriture ?
« Et enfin, les terminales, continua mon mentor, ils ont cours en dernière heure. En fait, ils ne rentrent jamais en bus, car en terminale, on commence à acquérir un pouvoir de téléportation, qui est un pouvoir commun. Quand à ton pouvoir personnel, en général, tu commences à l’avoir vers ta majorité, soit en terminale. Pour en revenir au sujet, les premières et terminales présentes le sont par volontariat. La plupart d’entre eux veulent se lancer dans un métier tel que la profession, et tout ce pour quoi savoir expliquer des choses est important. »
C’est assez étonnant d’entendre des mots semblables sortirent de la bouche d’un professeur, et je pense que je mettrai du temps à m’habituer.
Je me rends soudain compte que la salle est pleine. Nadine intime le silence et explique que le cours consistera en l’écriture. Comme la plupart des élèves semblaient ne pas comprendre, elle développa. Le cours consisterait en l’écriture, certes, mais pas l’écriture courante : l’écriture par pensées, comme elle m’en avait précédemment fait la démonstration !
Je pensais que je resterai avec Nadine pendant ce cours, mais j’avais tort : visiblement, on changeait de mentor à chaque cours. Je ne sais pas si un élève a envie d’apprendre à une fille étrange comme moi. On verra bien.
Encore une fois, Turquoise est prise. Je vais devoir trouver quelqu’un. Je tourne sur moi-même et remarque une première – ou terminale, je ne sais pas trop – à la chevelure argentée, nouée soigneusement à l’arrière du crâne. Elle a les yeux déterminés, et je crois comprendre pourquoi elle n’a pas d’apprenti. Elle est un peu effrayante, et ses airs autoritaires me mettent très mal à l’aise. Je viens à sa rencontre, même si cela ne me plait pas plus que ça. Elle me toise d’un regard de défi, défi que je m’apprête à relever sans peur.
Je m’installe à un bureau qui a auparavant été descendu et mon mentor, qui s’appelle visiblement Klara – oui, Clara avec un K – s’installe en face de moi. Elle me sourit, et je me rends compte que mes préjugés sont loin d’être fondés. Sous ses airs intimidants, elle a l’air très sympathique.
Le cours se déroule très bien, et trop vite à mon goût. Je mets une dizaine de minutes à maîtriser le sort, s’en suit ensuite par de la pratique. Je me suis entraînée à « écrire » de manière lisible, et à faire semblant d’écrire en même temps. Je me rends vite compte d’un détail : ce n’est pas parce qu’on écrit par magie que les fautes disparaissent. Si on imagine la faute, elle sera réelle. De plus, il n’est pas très aisé de concentrer son esprit pour cette tâche : souvent, mon esprit déraille, et quand je pense à autre chose que l’objectif, mes pensées s’écrivent sur la feuille. Très bien, je ne pourrai pas me permettre d’utiliser ce sort tant qu’il ne sera pas entièrement maitrisé, sinon, je risque de faire n’importe quoi.
Et faire n’importe quoi, ici, n’a pas l’air d’être autorisé, pour mon plus grand malheur.

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MessageSujet: Re: Fiction de Ambry et De Tigrou <3   Lun 27 Fév - 19:47

Chapitre 8

Le mercredi matin, c’était le meilleur. Milieu de la semaine, cours seulement le matin, options l’après-midi éventuellement, le jour pépère.
...
Ma vie et mon réveil n’étaient visiblement pas d’accord avec ma vision des choses puisque, pendant que l’une se barrait en steaks, l’autre sonnait désagréablement sur ma table de chevet, avec un nouvel opening de manga qui m’avait marqué.
« Il faudrait peut-être que tu te couches moins tard, princesse !, cria mon père de sa chambre. Ce truc braille depuis deux minutes et je l’entends d’ici !
- LES MANGAS C’EST LA VIE ! », préférais-je répondre tout en éteignant la sonnerie de la main gauche.
Après, le mercredi matin, c’était comme tous les autres jours : se préparer en s’habillant (j’hésitais entre mon T-shirt ‘’JE SUIS UNE LICORNE ÉPILEPTIQUE’’ ou ‘‘Moi et les Minions’’. Autant vous dire que la chemise fut reprise), prendre le petit-déjeuner (je ne savais plus vraiment si les céréales étaient une valeur sûre), prendre son sac, mettre ses chaussures, ouvrir la porte, voir Papa-je-suis-pas-réveillé et son café, claquer la porte, courir parce qu’on est en retard.
Puis ralentir, parce que je n’avais pas besoin d’arriver en sueur en cours.
À l’arrêt de bus, ce fut évidemment les mêmes têtes qui revinrent. Turquoise-je-ne-sais-plus-son-nom et ses potes, Lysa et sa tête multicolore... Cette dernière (Lysa, pas la tête) me fit d’ailleurs un sourire, auquel j’aurais bien voulu répondre si mes lèvres ne semblaient pas fixées dans la même position. C’est-à-dire, l’air d’une dépressive.
Je retire ce que j’avais dit, le mercredi, c’est chiant.
Le bus arriva enfin et les élèves montèrent tous dans une cohue générale. C’était le conducteur de l’avant-dernière fois, aussi je m’installais au premier rang. Il me lança un sourire radieux avant de démarrer et le bus, et la conversation :
« Comment ça va, mademoiselle ? Toujours aussi maussade ?
- Vous êtes un magicien. »
Le conducteur eut un sourire qui fit découvrir toutes ses dents.
« Effectivement. Je m’appelle Paul, Paul Dourdin. Je suis un magicien au chômage qui travaille en conduisant des bus à une école de magie.
- ... Donc vous n’êtes pas au chômage, en fait. »
Cette fois-ci, Paul rigola, d’un rire ressemblant à une sorte d’aboiement de chien, et qui réveilla sans doute la moitié du bus. J’eus, pour ma part, un petit sourire en coin.
« Alors, ces cours ? En seconde, ce n’est pas très passionnant mais vers la première, on étudie la nourriture, la garniture, ce genre de chose, c’est tout de suite plus intéressant. Et en terminale, il y a même la téléportation !
- ... Dites-moi encore pourquoi je suis là ?
- Pour profiter, June ! Profiter ! »
Je n’eus pas le temps de lui demander comment il connaissait mon prénom que le bus s’arrêtait et que les portes s’ouvraient.
« À bientôt, Paul.
- À plus, June ! »
Je sortis du bus.
Et tout de suite, me demanda quel était le code de la porte, la formule magique ou un truc du genre, parce que le mur ressemblerait toujours un mur si je ne faisais pas le machin pour ne plus qu’il ressemble à un mur.
...
Je n’étais pas réveillée.
Au final, suivre quelqu’un se trouva être la bonne solution. Et entendre la combinaison aussi. Au moins, je m’en souviendrais pour la prochaine fois (du moins, j’espérais. Se souvenir d’un chiffre, c’est bien, de trois alors qu’on n’était pas réveillés, c’était autre chose).
Nadine commençait déjà à annoncer que le travail se ferait sur table, et les premiers arrivés commençaient déjà à décrocher les tables du plafond. Et moi, je commençais à penser qu’Harry Potter avait sniffé un bon coup de la poudre lunaire.
Un terminal vint se poster face à moi, avec des cheveux bleu nuit et un sourire freedent digne de mon père. Apparemment, personne n’avait les mêmes mentors que la dernière fois, ce qui me convenait très bien (dans l’optique où j’étais prête à coller un pain à Turquoise-insignifiance si elle se repointait avec un miroir devant moi). Le terminal me donna une gigantesque tape dans le dos, qui faillit me faire tomber de ma chaise.
« Aujourd’hui, June, on va s’éclater !
- Mon dos putain !
- Je vais te montrer comment écrire par pensée ! », continua Terminal-de-train en prenant une plume de son sac.
Bon.
Ok.
Pourquoi pas.
« Tu te conceeeeeentres, tu fais tenir la pluuuuuuume...
- ...
- Tu... Deviens rouge ?
- JE SUIS PAS TEUBÉE PUTAIN !
- J’adore faire enrager les petites...
- VA CREVER ! »
Okay, on n’était peut-être pas le duo le plus discret de la salle mais au moins, la communication passait mieux qu’avec Turquoise-doit-aller-mourir.
Terminal-tout-le-monde-descend était blagueur et patient, et m’expliqua tout ce qu’il y avait à savoir sur cette technique d’écriture.
« Ne pense pas à la faute ! Ne pense à rien d’autre que ce que tu veux écrire ! Sinon, ça part en steak et ça, c’est pas cool !
- Magnifique leçon de vie.
- Ouais ! T’as vu ?! Vas-y, essaie ! Sans faire n’importe quoi, hein. »
...
La communication passait vachement mieux qu’avec Turquoise-je-ne-peux-pas-te-voir-en-peinture.
Par contre, ce cours n’était pas un cours de cirque : rien que ce que disait Terminal-de-la-phrase (oui, je n’avais plus d’idée pour lui) me mettait la puce à l’oreille. Là-dedans, il fallait filer droit.
Dieu, que c’était chiant...
Un coup d’œil dans la pièce m’apprit cependant que Turquoise-Clém-quelque-chose semblait harceler son pauvre apprenti et que Lysa-multicolore semblait bien se débrouiller, au vu de la tête ravie de son mentor.
« Prends ta plume, June, libère ta créativité !
- Donne-la moi alors, Terminal-de-train.
- Je m’appelle Alexandre, June !
- Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre... »
Alexandre-Terminal me fourra tout de même la plume dans mes mains avec un grand sourire pétillant.
Wow. Je commençais à craindre le coup de soleil, là.
Je pris la plume, me concentrais sur la feuille. Lentement mais sûrement, les mots commencèrent à se tracer sur la feuille
« Je... Suis... Un... Lama... Ta gueule ? »
Puis :
« CONCENTRE TOI JUNE ! TU PEUX LE FAAAAIRE ! »
D’autres noms d’oiseaux s'écrivirent sur la feuille. Alexandre rigola. Puis me regarda.
Le temps se suspendit.
(Calmez vos hormones, je n’ai eu aucun coup de foudre pour lui. PITIÉ.)
Puis le sourire de Terminal-Alexandre s’affaissa.
« Tu... Heu... C’est chelou.
- Quoi ?!, et les mots s’inscrivirent aussi sur la pauvre feuille. J’ai du Nutella sur la joue. »
Alexandre préféra tout simplement bondir dans la salle et hurler vers la prof Nadine :
« LES YEUX DE JUNE DEVIENNENT VIOLETS ! CODE 12 ! CODE 12 !
- Comment ça ?!, demanda Nadine, incrédule.
- COMMENT ÇA ?! », préférais-je crier en retour.
La plume tomba sur le bureau.
La feuille ne ressemblait plus à rien, tellement les mots écrits et reflétants ma pensée ne voulaient plus rien dire.
Genre, l’alignement de consonnes et de voyelles type «CREOTZEPGBIEZEEEEEEEEEE». Type bug de La chèvre (comprendra qui voudra).
Mes mains se portèrent à mes yeux, tandis que ceux des autres se fixaient sur moi ou sur Nadine, qui contournait les bureaux pour me rejoindre.
« Adieu moi... », murmurais-je dans une voix étranglée.

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MessageSujet: Re: Fiction de Ambry et De Tigrou <3   Mar 28 Fév - 17:08

Chapitre 9

Je n’en revenais pas. Finalement, mon père avait raison. Il y avait bien deux personnes aux yeux violets. June avait l’air de paniquer de son côté, et j’aurais voulu courir la rassurer. Malheureusement, je ne pensais pas que lui dire « Salut, alors topo : mon père m’a dit qu’y avait une prophétie qui disait que deux filles aux yeux violets – tu dois être la deuxième – allaient ‘’sauver le monde’’. Ravie d’avance de bosser à empêcher l’apocalypse avec toi ! ». Non. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Autant lui dire que sa mère est une vache et lui demander d’y croire.
Soudain, j’aperçus Nadine se précipiter vers elle, et l’entendis grommeler : « C’est pas vrai… ». Et comment ne pas la comprendre ? Ce n’était visiblement jamais arrivé, et voilà qu’il y a deux ‘’anomalies’’ la même année, pire : la même semaine ! Je luttais pour ne pas appeler l’adolescente : et si elle le prenait mal ? Et si… ? Non. Non, elle ne s’offusquerait tout de même pas pour ça, si ? Prise de doutes, je préférai assister à la scène en spectateur, et laisser la pauvre June baigner dans l’incompréhension pour l’instant. Jusqu’à ce que j’aie un moment pour le lui dire en privé, là où aucune oreille indiscrète ne pourrait se glisser, je garderais le silence. Mieux ! Je l’emmènerais chez moi, et là, mon père pourrait tout lui raconter ! Et à cet instant, elle ne pourra qu’accepter la vérité. Mon père a forcément des preuves… Pas vrai ?
Le cri perçant de June interrompit mes pensées :
« Laissez-moi ! Je me fiche bien de votre… magie et j’sais pas quoi ! Moi, tout ce que je veux, c’est que vous me FOUTIEZ LA PAIX ! »
Ce cri me laissa bouche bée. Elle réagissait bien plus mal que je ne l’aurais pensé.
Je tentai le coup pour le coup, et j’avançai vers la jeune fille brune. Je m’agenouillai et murmura :
« Moi, je te comprends tu sais ? Je voudrais te parler tout à l’heure, si ça ne te dérange pas… »
June me fixa un instant, un air blasé dans le regard, et me répondit d’un ton cassant :
« Si tu veux. Si c’est intéressant. »
Je trouvai ce ton un peu déplacé, et sentis que ce n’était pas qu’à cause du changement. Elle devait avoir mauvais caractère. Et être désagréable très souvent. Mais bon, j’étais patiente, et je patienterais le temps qu’il faut pour m’habituer à cette fille.
L’après-midi, je l’interpellai et lui demandai si elle voulait bien venir chez moi, juste le temps que je lui parle. J’insista bien sur le fait que c’était important. Ce à quoi la lycéenne répondit d’un ton sarcastique :
« Et quoi, y aura du thé et des croissants ? »
Je la toisai durement. Regard auquel elle répondit qu’elle n’était pas demeurée et qu’elle avait compris. Phrase à laquelle elle ajouta un ‘’putain’’ bien placé. Je soupirai. Nous nous connaissions à peine, mais June s’en fichait bien ; les bonnes manières n’avaient pas l’air très intéressantes dans ce contexte, sans doute.
Une fois dans le bus, June s’installa loin de moi. Seule. Avec un air rebelle sur le visage, disant presque « Viens si tu l’ose, mais tu risques de passer un sale moment. ». Je n’avais pas très envie de m’installer à ses côtés. Cette fille était encore plus asociale que moi ! Déjà que c’était difficilement pire… Et bien si, ça existe !
Le bus se stoppa, et comme toujours, émit un crissement de pneus en ralentissant. Lorsque je me suis levé, June m’a imité avec lenteur et ce qui pourrait dans ce monde être nommé la fainéantise. Elle m’emboîta néanmoins le pas. Au bout de cinq des dix minutes de marche qui séparaient ma maison et l’arrêt, l’adolescente lâcha une remarque acerbe :
« Si c’est pour me faire marcher que tu m’as fait venir, autant me laisser partir tout de suite. T’es pas du type chiante, toi ? »
Je me retins de justesse de ne pas la frapper. Moi qui étais d’ordinaire si calme ! Je lâche alors d’un ton sec :
« Si je t’ai fait venir, c’est pas pour rien. Mais crois moi, je préfèrerais tellement côtoyer quelqu’un de plus agréable que toi ! Tu crois quoi ? Que je fais ça par choix ? Malheureusement, non. Parce qu’il a fallu qu’entre un milliard d’individus, ça tombe sur toi, toi l’insolente qui se fiche entièrement des autres et ne pense qu’à elle !, finit-elle par hurler, folle de rage. »
Je sus à l’instant même où j’avais fini ma phrase que ça allait mal se passer. Malheureusement, je n’eus pas le temps de réagir, et me pris un coup de poing dans l’œil. Génial. J’allais rentrer avec un œil au beurre noir !
June grinça :
« Je te fais déjà l’honneur de venir, si en plus tu m’insultes, ne compte pas sur moi ! Heureusement que j’habites plutôt loin d’ici et que j’ai besoin d’une voiture pour me barrer de là, parce que sinon je serai déjà chez moi ! Si seulement, pour une fois, la magie était utile ! Téléportation ! Merde alors, ça marche pas ! »
Et sur ces mots, je me pris une claque. Très violente. June fronça les sourcils, et finit par me dire, avec son éternel ton cassant :
« Et bah voilà ! Maintenant on est quittes. »
J’hésitais à répliquer d’une remarque cinglante, mais je tins ma langue. Ça ne m’entraînerait que des ennuis, après tout.
Lorsque je franchis le seuil de la porte, je me surpris à soupirer. Avec un peu de chance, mon père avait des preuves. Parce que convaincre quelqu’un de quelque chose qui est dur à croire, qui plus est convaincre quelqu’un d’aussi borné que June, risque de ne pas être simple. Soudain, mon père surgit de derrière la porte qui nous séparait de la cuisine. Je guette la présence de ma mère. Non, bien sûr. Elle doit encore travailler, non ?
« Tiens, Lysa ! C’est bien la première fois que tu nous ramène de la visite ! Mais, attends… »
Son regard se fige à la vue de June. Enfin, à la vue de ses yeux, je suppose. Après une légère contemplation de ses yeux, il finit par dire :
« Tu l’as trouvée… »
« Je te présente June, répondis-je, légèrement énervée par sa présence. June Chrome. »
Je ne sais pas pourquoi mon père a écarquillé des yeux en entendant ce nom. Peut-être ne le saurai-je jamais. Mais j’ai bien l’impression que mon ‘’amie’’ ne lui est pas étrangère.
« June… Chrome ? En… Enchanté ! »
Il cachait bien mal sa stupeur, et June aussi dût le remarquer, car elle lança d’un ton cinglant :
« J’ai plutôt l’impression que vous voulez me voir dégager le plus vite possible de cette baraque. »
Je ne répondis pas, mais avais une très grande envie de la mettre dehors. Le plus vite possible, oui, ce serait parfait !
« Bon, abrège, finis-je par dire. Je crois qu’elle aime pas notre présence. »
J’hésitais à prendre le ton de la provocation, mais je me suis retenue de justesse, car je savais que ça allait être mal pris.
« T… Très bien, balbutia mon père. Je… Je vais vous raconter l’histoire de mon peuple…
- Abrège, papi ! J’ai pas que ça à foutre, répliqua-t-elle. »
Réplique qui lui valut une fusillade du regard de ma part. Mon père, lui, sembla juste perdu quelques instants.
« Et bien… Il y a une prophétie, commence-t-il, la voix tremblante, qui dit… Que deux filles aux yeux violets vont nous sauver de la dévastation… Je n’en sais pas plus, juste que ces deux filles ont un lien avec la déesse…
- Et donc ? s’impatienta June, et cette fois-ci, je ne pus que la comprendre : j’étais curieuse de savoir quel rapport j’avais avec la déesse.
- Et bien… Il est apparu, continue-t-il, que ta mère, June, Kahili Chrome, descend directement de la déesse. »
June resta bouche bée. Pour une fois qu’elle n’avait pas de remarque à placer…
« Quel rapport avec moi ? finis-je par demander.
- Et bien… Déjà, vous êtes nées le même jour, à la même heure…
- Qu’est-ce que vous en savez ? répliqua sèchement June, qui semblait avoir réappris à parler.
- Et bien… Il y a longtemps… Je connaissais bien Kahili. Nous nous sommes même mariés…
- Bien sûûûûr, le coupa June, avec tout le sarcasme qu’elle possédait.
- Chut, la coupais-je.
- Et… Elle est tombée enceinte, finalement. Des jumelles. Mais, nous avons vite remarqué que les démons qui régnaient autrefois sur Terre nous retrouvaient bien trop facilement. Nous avons donc convenu qu’à la naissance des filles, nous nous séparerons et nous allierons à des humains pour pouvoirs nous fondre dans la masse. Ces deux jumelles, nous les avons nommées June. June et Lysa. Finalement, nous nous sommes retrouvées pour notre combat final contre les monstres. Nous nous sommes battus comme nous le pouvions, mais ils étaient trop nombreux… Alors, Kahili a utilisé sa dernière arme. Une arme que vous possédez également grâce à votre descendance de la déesse. Elle s’est autodétruite sans que je ne puisse rien faire, en emportant tous les monstres dans sa tombe… Mais je suppose que ça n’a pas suffi. La preuve : la prophétie.
- Attends, je finis par dire. Si nous sommes vraiment jumelles… Comment… Comment expliques-tu qu’on se ressemble si peu ?
- Oh, si, vous vous ressemblez. Votre visage est identique à celui de votre mère. Identique à celui de la déesse, d’ailleurs ; c’est de famille. Mais sinon, c’est la magie qui fait ça : quand les nourrissons sont séparés de leur vraie famille, ils prennent les caractéristiques de leur nouvelle famille. Par exemple, tu as hérité de la chevelure de ta mère. Toi, June, je ne sais pas trop…
- Et… Les yeux ? Pourquoi les yeux violets ?
- C’est aussi héréditaire, rit mon père. Mais cela fait bien longtemps qu’il n’y a plus eu ces yeux, murmura-t-il. La dernière à posséder ces yeux fut la déesse elle-même. De même pour cette couleur de cheveux Lysa. Depuis la déesse, plus personne n’a eu de tels cheveux, du moins naturels…
- Mais alors… Nous ne sommes pas des ‘’magiciennes’’ ordinaires… ?
- Bien sûr que non ! Vous êtes des déesses, enfin presque, puisque la lignée ne s’est jamais éteinte ! Mais si vous avez ces yeux, c’est qu’une menace plane… Prenez garde à vous. Le danger rôde…

--------------


Merci Waki =)


OMD jumelle c'est super beau *^*


Thanks Passy! :3 (Oui, je ressors mes anciennes signas, de temps en temps XD)

thanks!:
 
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